Un client m'a envoyé un mail, paniqué : « Google m'a pénalisé, j'ai 4 000 liens nofollow qui pointent vers mon site. » J'ai regardé. Non seulement ce n'était pas une pénalité, mais en plus la moitié de ces liens n'étaient même pas réellement en nofollow — ils étaient en rel="ugc", un attribut que son ancien prestataire avait posé à l'arrache sur les commentaires de blog. Il avait perdu trois semaines à s'inquiéter pour rien.
Cette confusion, je la vois passer au moins une fois par mois. La différence entre liens dofollow et nofollow semble simple sur le papier, mais dans la vraie vie — celle des sites que je traîne depuis des années — elle est truffée de nuances que la plupart des tutos SEO zappent complètement. On va démêler ça proprement.
Points clés à retenir
- Par défaut, tout lien HTML est dofollow : il transmet de l'autorité, sauf indication contraire.
- Le
nofollown'est plus une directive stricte depuis 2019 : c'est devenu un indice que Google peut ignorer. - Les attributs
sponsoredetugcont remplacé le nofollow dans la plupart des cas d'usage. - Mettre du nofollow sur vos liens internes est presque toujours une mauvaise idée.
- Un lien nofollow ne pénalise pas votre site. Il ne le valorise simplement pas.
- La vraie question n'est pas « dofollow ou nofollow », mais « ce lien a-t-il été créé de bonne foi ? »
Dofollow et nofollow : la vraie différence qu'on ne vous explique jamais
Commençons par le malentendu numéro un. Le mot « dofollow » n'existe nulle part dans les spécifications HTML. Zéro. Il n'y a pas d'attribut rel="dofollow" à écrire dans votre code. Un lien est dofollow par défaut, simplement parce que vous n'avez rien ajouté.
Autrement dit :
- Un lien normal, tout bête :
<a href="...">→ dofollow - Un lien avec l'attribut
rel="nofollow"→ nofollow
Le terme « dofollow » est une invention de la communauté SEO pour parler de tous les liens qui ne portent aucune de ces mentions restrictives. C'est pratique pour discuter, mais c'est faux si vous le prenez au pied de la lettre.
Ce que le nofollow signifie vraiment en 2026
Là où ça devient intéressant — et où 90 % des articles que j'ai lus en ligne racontent encore la version de 2005 — c'est le comportement réel de Google face à ces attributs.
À l'origine, le nofollow était une directive. Google la respectait à la lettre : pas de transmission de PageRank, point barre. Ça permettait aux blogueurs de bloquer le spam dans les commentaires sans se demander si chaque lien méritait leur confiance.
Puis en 2019, Google a discrètement changé la règle. Le nofollow est devenu un hint — un indice, pas un ordre. Traduction concrète : Google peut décider d'ignorer votre nofollow et de suivre quand même le lien, si son algorithme juge que c'est pertinent.
Je l'ai constaté sur un site de e-commerce il y a plus d'un an. On avait posé du nofollow sur tous les liens sortants vers des forums, par réflexe. Six mois plus tard, en analysant les données de la Search Console, on voyait clairement ces pages de forums dans les pages référentes. Google avait suivi les liens malgré le nofollow. Franchement, ça m'a recalibré.
Les trois attributs qui ont remplacé le nofollow
Depuis ce changement, Google recommande officiellement trois valeurs distinctes — et chacune a un rôle précis :
| Attribut | Usage recommandé | Transmet de l'autorité ? |
|---|---|---|
rel="nofollow" | Liens non vérifiés, contenus tiers douteux | Non (en théorie) |
rel="sponsored" | Liens payants, partenariats rémunérés, articles sponsorisés | Non |
rel="ugc" | Contenus générés par les utilisateurs (commentaires, forums) | Non |
Le problème ? Presque personne n'utilise correctement sponsored et ugc. J'ai audité un site de 300 articles l'an dernier : sur les 47 liens sponsorisés repérés, 41 portaient rel="nofollow" au lieu de rel="sponsored". Techniquement, ça fonctionne encore (Google comprend), mais c'est un signal moins précis, et ça brouille l'analyse côté outils SEO.
Pourquoi Google a inventé sponsored et ugc ?
Parce que le nofollow unique était trop grossier. Un lien d'affiliation payé et un commentaire de spam n'ont rien à voir en termes d'intention. En créant des attributs distincts, Google peut mieux qualifier les liens et ajuster leur traitement — voire décider de faire confiance à certains liens ugc si le site est globalement de qualité. C'est plus fin, mais ça demande de la rigueur à la pose.
Quand utiliser nofollow (et quand surtout pas)
La question qui revient sans cesse. Voici la règle que j'applique, et que je défends bec et ongles :
Mettez du nofollow (ou sponsored/ugc) quand le lien n'a pas été créé parce que vous le validez. Un lien payé, un commentaire d'inconnu, une mention commerciale que vous n'avez pas choisie — tout ça mérite un attribut. Un lien que vous placez parce qu'il est utile à vos lecteurs, en revanche, n'a aucune raison d'être bridé.
Le piège du nofollow sur les liens internes
Ça, c'est l'erreur que j'ai faite pendant des mois sans m'en rendre compte. J'avais lu quelque part qu'on pouvait « sculpter » son PageRank en nofollowant certains liens internes peu importants — une page de contact, une page de mentions légales — pour concentrer l'autorité sur les pages stratégiques.
Mauvaise idée. Et je pèse mes mots.
Le PageRank sculpting, comme on appelait ça, a été rendu inopérant par Google il y a déjà longtemps. Quand vous posez un nofollow sur un lien interne, l'autorité ne « revient » pas aux autres liens de la page — elle disparaît, tout simplement. Vous créez un trou. Et sur un site de contenus, ces trous s'accumulent.
Bilan de mon erreur : après trois mois de nofollow interne posé à la légère sur environ 60 liens, j'ai constaté une baisse de visibilité notable sur certaines pages secondaires dans la Search Console. Rien de catastrophique, mais assez pour comprendre que le jeu n'en valait pas la chandelle. On a tout retiré.
À retenir : sur vos liens internes, oubliez le nofollow. Sauf cas très précis — une page en construction, du contenu dupliqué volontaire — laissez faire le naturel.
Est-ce que le nofollow affecte le crawl budget ?
Pas directement, non. Un lien en nofollow est suivi par le crawler de Google dans la grande majorité des cas — il explore la page cible, mais sans transmettre d'autorité. Donc côté budget de crawl, l'impact est neutre dans la plupart des configurations. Le vrai problème arrive quand vous nofollowez des centaines de liens internes sur une même page : vous forcez Google à traiter une structure confuse sans bénéfice pour personne.
Comment vérifier concrètement les liens d'une page
Trois méthodes, selon ce que vous cherchez :
- Inspecter le code source (clic droit → afficher le code source). Rapide, mais fastidieux dès qu'il y a plus de 20 liens.
- L'extension navigateur. Des outils gratuits surlignent les liens nofollow en rouge dans la page. Idéal pour un audit express.
- Un crawler SEO pour un audit complet sur 100 pages ou plus. C'est ce que j'utilise quand il s'agit de repérer les attributs mal posés sur tout un site.
Petit conseil : ne vous fiez pas aux rapports « X % de liens nofollow » sans contexte. C'est un chiffre qui varie énormément selon le type de site. Un site de presse avec commentaires ouverts aura naturellement beaucoup de nofollow. Un site vitrine en aura très peu. Il n'y a pas de bon pourcentage universel — la seule question qui compte, c'est « ces liens sont-ils cohérents avec leur nature ? »
Trois mythes sur le nofollow que j'aimerais voir disparaître
Je vais être direct, parce que ces croyances circulent encore largement :
Un lien nofollow pénalise mon site
Faux. Un lien nofollow ne pénalise rien. Il ne transmet simplement pas d'autorité. Si un site douteux pointe vers vous en nofollow, vous n'en souffrez pas. Si c'est en dofollow, votre site peut théoriquement en tirer un peu d'autorité — mais ça n'a jamais été un levier de pénalité automatique. Google évalue votre profil de liens dans son ensemble, pas lien par lien.
Plus j'ai de liens dofollow, mieux c'est
J'ai entendu cette phrase d'un client convaincu qu'il fallait « décrocher un maximum de dofollow ». Le problème : 500 liens dofollow depuis des annuaires de qualité médiocre valent infiniment moins que 3 liens depuis des sites reconnus dans votre secteur. La qualité prime — et de loin. Google a beau jeu de détecter les profils de liens artificiellement gonflés.
Je dois attribuer nofollow à tous mes liens sortants
Non. Si vous citez une source utile dans votre article, laissez le dofollow. Vous aidez votre lecteur, et vous montrez à Google que vous référencez des contenus pertinents. Bloquer systématiquement tous vos liens sortants est une vieille habitude qui trahit une vision défensive du référencement — pas une stratégie.
Ce qui compte vraiment dans votre stratégie de liens
Après avoir trituré ce sujet dans tous les sens, voilà ce qui s'impose à moi : la distinction dofollow/nofollow est un détail technique. Utile à connaître, mais secondaire face à trois choses autrement plus importantes :
- La qualité du site référent — un lien depuis un site reconnu vaut mille liens depuis des fermes de contenus.
- La pertinence thématique — un lien depuis votre secteur pèse plus qu'un lien générique.
- La nature honnête de la relation — vous devez pouvoir expliquer pourquoi ce lien existe sans avoir à mentir.
Ce dernier point est sous-estimé. C'est lui qui détermine quel attribut utiliser, bien avant les considérations de transmission d'autorité. Si le lien est spontané, utile, non rémunéré → dofollow. S'il résulte d'un échange commercial, d'un partenariat payé, d'un contenu tiers non vérifié → l'attribut adapté.
Cette logique simple vous évitera 95 % des erreurs. Et surtout, elle vous sortira de la paranoïa du nofollow — cette espèce de peur diffuse qui pousse à brider des liens qui n'auraient jamais dû l'être.
Ce client du début ? Il a fini par comprendre que le vrai problème n'était pas ses liens nofollow, mais le fait qu'il n'avait aucune idée de pourquoi ils étaient là. Une fois cette question réglée, le reste est devenu limpide. La technique suit toujours l'intention — jamais l'inverse.

